Procés Thomas SANKARA

Procès de l’affaire  Thomas SANKARA sans Blaise COMPAORE, un procès au goût d’inachevé ?

Procés Thomas SANKARA

Il est l’un des principaux accusés dans l‘affaire de l’assassinat du Président Thomas SANKARA et de douze de ses compagnons. Pourtant, il est le grand absent de ce procès. Quelques jours avant le début du procès, les avocats de monsieur COMPAORE Blaise avaient clairement exprimé que leur client ne sera pas au procès.

Qu’à cela ne tienne, nous sommes au 11 Octobre, le grand jour est enfin là, accusés, avocats, magistrats militaires, victimes et témoins sont présents dans la salle d’audience.

Un accusé pas comme les autres, le Général Gilbert DIENDERE, apparament très serein est bien dans le box des accusés.

Au nombre des parents des victimes, on note bien la présence de la veuve du Président SANKARA, Mariam SANKARA.

Il est 09h, et le procès doit bien commencer. Il va débuter tumultueusement par la constitution du tribunal qui doit siéger dans l’affaire.

Constitution du tribunal à siège, une tache pas facile

 Le moins qu’on puisse dire c’est que le tribunal s’est constitué difficilement en raison du fait que la plupart des officiers ont avancé des raisons soit professionnelles, soit personnelles pour ne pas siéger en tant que juges assesseurs.

La chambre a dû rejeter les motifs de demandes de récusation pour retenir certains. Le colonel-major Boureima OUEDRAOGO a vu sa demande de récusation rejetée pour motif non valable. Il en est de même de l’intendant miliaire, le colonel major SOMDA Alfred qui a justifié avoir été un compagnon d’armes de certains accusés  quand il était  au Centre national d’entrainement commando(CNEC).Il a indiqué ne pas pouvoir siéger contre ses anciens compagnons. Le president du tribunal a précisé à ce sujet, qu’il ne s’agit pas d’être contre les accusés. Il s’agit « d’apprécier les faits et non des personnes » a-il soutenu.

Blaise COMPAORE le grand absent du rendez-vous de l’histoire 

L’histoire retiendra qu’il était absent au procès. Il en est de même de l’accusé Hyacinthe KAFANDO.Par contre, le fidèle ami du Capitaine SANKARA, le colonel Boukari KABORE dit le Lion ainsi que les victimes et témoins sont au rendez-vous de l’histoire.

“Je ne suis pas spectateur, je suis acteur de ce procès “a scandé Boukari KABORE.

Aussitôt commencé, aussitôt suspendu

Le public devra s’y habituer. Ce genre de procès connaissent généralement des suspensions pour des motifs aussi divers que variés. Sur demande de deux avocats de la défense, le procès a été suspendu pour deux semaines. Il reprendra donc le 25 Octobre.

Le procès ne sera pas enregistré, la décision du tribunal

 Le procès ne sera pas enregistré comme souhaié par les avocats de la partie civile. Ainsi en a décidé le tribunal. Un des avocats de la défense, maitre KHOPIO Moumini a salué la clairvoyance du tribunal pour n’avoir pas accédé à la demande d’enregistrement du procès de la partie civile. Quoique « la cause de ce procès soit emblématique, il s’agit quand même de l’assassinat du président Thomas ce n’est pas une raison pour que la justice soit extrapolée sans qu’il y ait des textes qui viennent réviser cela”. Il  a confié que leurs clients n’allaient pas parler si le procès devait être enregistré. Maitre KHOPIO assure la défense de deux colonels major, Jean-Pierre PALM et  KAFANDO.

Procès de l’affaire Thomas SANKARA  sans Blaise COMPAORE, un procès au goût d’inachevé ?

Maitre Prosper FARAMA n’est pas du même avis que maitre KHOPIO.  Il n’a pas caché sa déception au rejet de leur demande d’enregistrement. « Nous sommes déçus parce que nous  espérions  tous burkinabé, je pense même de par le monde qu’on aurait pu, on aurait dû peut-être enregistrer ce procès historique comme tout le monde le reconnait ». « Ce procès n’aura pas un goût d’inachevé du fait de l’absence de Blaise COMPAORE », a foi l’avocat.

Maitre Prosper FARAMA

                    Maitre Prosper FARAMA

« C’est un procès comme tous les procès. La loi a permis que des accusés puissent se débiner, il a choisi de se débiner, nous ne sommes pas très étonnés, nous l’avons dit ça ressemble à son personnage, à chaque fois qu’il y a des situations qui le mettent en difficulté, il a toujours fui ses responsabilités, argué d‘un prétexte pour ne pas être là. Nous disons avec sa présence ou sans sa présence, nous pensons qu’il y a d’autres acteurs, ses collaborateurs qui sont à la barre des accusés qui auront l’opportunité de nous   dire ce qui s’est passé et ce qui nous intéresse, c’est la vérité, c’est la justice pas, forcément dans la bouche de Blaise Compaoré » a—il déclaré.

ZOROME Noufou

revuejuris.net

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