LA PROTECTION DU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO : CE QU’IL FAUT SAVOIR


 Créée le 16 novembre 1945, l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture) est une institution spécialisée de l’ONU qui, dans les relations entre les différentes nations dans le monde, œuvre pour la promotion de l’éducation, de la science et de la culture. Pour mener à bien sa mission sur le plan culturel, l’UNESCO a procédé depuis sa création à la conservation des sites historiques du monde en lançant plusieurs campagnes de sauvetage de certains sites considérés comme menacés de destruction, dont la plus importante campagne est celle de Nubie en 1960. Ces séries de campagnes lui vaudront l’idée d’adopter le 16 novembre 1972 la Convention pour la Protection du Patrimoine Mondial Culturel et Naturel (CPPMCN), la Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel le 17 octobre 2003 et la Convention sur la Protection et la Promotion de la Diversité des Expressions Culturelles en octobre 2005 ; des conventions que le Burkina Faso a ratifié. Depuis lors et cela à compter de 1978, une liste a été établie pour inscrire les sites considérés comme patrimoine mondial afin que ceux-ci puissent bénéficier d’une large protection, tant sur les territoires dans lesquels ils se trouvent que sur le plan international. En ce jour, 869 biens sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO.  Il faut noter que la CPPMCN a défini dans ses articles 1 et 2, deux types de patrimoines mondiaux ; il s’agit en premier lieu du « patrimoine mondial culturel » (art.1) et en second lieu du « patrimoine mondial naturel » (art.2). Au Burkina Faso, deux (2) sites touristiques sont classés comme « patrimoine mondial culturel ». Ce sont les ruines de Loropéni inscrits en 2009 et les sites de métallurgie ancienne du fer du Burkina Faso inscrits dernièrement en juillet 2019 lors de la 44ème session du Comité du patrimoine mondial. Quant au « patrimoine mondial naturel », l’on dénombre seulement un (1) site au Burkina. Il s’agit du Complexe W-Arly-Pendjari inscrit en 2017 ; un bien transnational d’une superficie de 1714831 hectares que le Burkina Faso partage avec le Benin et le Niger. Cependant, comment ces sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO sont-t-ils protégés? Autrement dit, quels sont les moyens mis en place par l’UNESCO et les structures nationales pour protéger ces sites inscrits au patrimoine mondial ? Aussi, pourquoi cette protection est-elle importante pour le Burkina Faso ?

La protection nationale des sites inscrits au patrimoine mondial.

Il incombe en premier lieu à chaque État de protéger le site inscrit au patrimoine mondial se trouvant sur son territoire. Ainsi l’article 4 de la CPPMCN affirme que « chacun des États parties à la présente Convention reconnait que l’obligation d’assurer l’identification, la protection, la conservation, la mise en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine culturel et naturel visé aux articles 1 et 2 et situé sur son territoire, lui incombe en premier chef(…) ». Pour assurer une protection et une conservation efficace, et une mise en valeur aussi du patrimoine culturel et naturel situé sur leur territoire et dans les conditions appropriées à chaque pays, il est dit à l’article 5 de cette même convention que les États parties à la convention doivent adopter une politique générale visant à assigner une fonction au patrimoine culturel et naturel dans la vie collective, et à intégrer la protection de ce patrimoine dans les programmes de planification générale[1] ; d’instituer sur leur territoire, dans la mesure où ils n’existent pas, un ou plusieurs services de protection, de conservation et de mise en valeur du patrimoine culturel et naturel, dotés d’un personnel approprié, et disposant des moyens lui permettant d’accomplir les tâches qui lui incombent.  Aussi les États se doivent de développer les études et les recherches scientifiques et techniques et perfectionner les méthodes d’intervention qui permettent à un Etat de faire face aux dangers qui menacent son patrimoine culturel ou naturel. ils doivent prendre les mesures juridiques, scientifiques, techniques, administratives et financières adéquates pour l’identification, la protection, la conservation, la mise en valeur et la réanimation de ce patrimoine ; et aussi favoriser la création ou le développement de centres nationaux ou régionaux de formation dans le domaine de la protection, de la conservation et de la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel et d’encourager la recherche scientifique dans ce domaine. Au Burkina Faso, c’est la Direction des Sites Classés au Patrimoine Mondial (DSC-PM) qui est la structure chargée de cette mission. C’est une Direction centrale du Ministère de la culture des arts et du tourisme du Burkina Faso. En plus de cette protection nationale du patrimoine mondial, il y a aussi celle de la communauté internationale.

La protection internationale des sites inscrits au patrimoine mondial.

La protection internationale du patrimoine mondial culturel et naturel se traduit généralement par la mise en place d’un système de coopération et d’assistances internationales visant à seconder les États dans les efforts qu’ils déploient pour préserver et identifier ces patrimoines. En effet, la CPPMCN en son article 6 stipule que les États parties à la convention reconnaissent et sans violer la souveraineté des États sur le territoire desquels est situé le patrimoine culturel et naturel, qu’il constitue un patrimoine universel pour la protection duquel la communauté tout entière a le devoir de coopérer. Aussi, chacun des États parties à la convention s’engage à ne prendre délibérément aucune mesure susceptible d’endommager directement ou indirectement le patrimoine culturel et naturel qui est situé sur le territoire d’autres États parties à cette convention. Outre cela, il faut noter qu’en cas d’assistance généralement, c’est l’État dans lequel se trouve le patrimoine qui doit faire la requête lorsqu’il estime n’être pas en mesure de protéger, de conserver ou de mettre en valeur le patrimoine. Et la structure internationale chargée d’examiner cette requête est le Comité intergouvernemental de la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. Ainsi, l’article 13 al.3 de  la CPPMCN, il est précisé que « le Comité décide de la suite à donner à ces demandes, détermine, le cas échéant, la nature et l’importance de son aide et autorise la conclusion, en son nom, des arrangements nécessaire avec le gouvernement intéressé ». Pour mener à bien ces différentes opérations, le Comité dispose d’un fonds appelé Fonds pour la Protection du Patrimoine Mondial Culturel et Naturel.

Par ZANFARA Nasradine

La rédaction

 

 

 

[1] Voir le Décret N°2009-778/PRESS/PM/MCT: MEF du 10 novembre 2009 portant adoption de la politique nationale de la culture du Burkina Faso.

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